Dans le cadre du 1er forum des auteurs qui s’est déroulé le 5 décembre dernier à Saint Maximin, la classe de 1 L1 du Lycée Maurice Janetti a joué aux apprentis reporters. Récit de la journée en leur compagnie et premières impressions sur les auteur(e)s rencontré(e)s :

Gabrielle Piquet qui a écrit La nuit du misothrope est une femme très calme avec un semblant de timidité. Elle nous a révélé le sens de la déformation du mot « misanthrope » mais n’a pas éclairci le mystère du « kidnappeur ». Elle a voulu, en déformant le mot, donner à son personnage Josepha un côté moins sérieux, et si elle ne dévoile pas le mystère des disparitions c’est pour surprendre le lecteur et l’attirer vers un autre thème, celui de la solitude du personnage de Josepha. Ce personnage lui a été inspiré par une femme qui travaillait dans une association d’écoute aux personnes seules et qui ne semblait pas avoir conscience de sa propre solitude. Donc nous ne saurons jamais qui est le misothope. À moins que Gabrielle Piquet ne décide de donner une suite à son histoire !:)

Brigitte Giraud, est une femme très posée, douce et très touchante car marquée par le passé de son père. Son roman Un loup pour l’homme est en effet inspiré par la vie de ce père appelé en Algérie en 1960 alors que sa mère attend un enfant, qui n’est autre qu’elle-même. Brigitte Giraud a insisté sur les difficultés qu’elle a eu pour écrire ce roman qui est le résultat de 20 ans de réflexions et d’échanges avec son père. Antoine, le personnage du roman, qui refuse de se battre, va, comme infirmier, faire la rencontre d’un blessé, Oscar, qui suscite son intérêt et lui « donne une raison de se lever le matin » selon l’auteure. Il veut percer le mystère de cet homme qui ne parle plus, afin de l’aider. Mais l’épigraphe du roman « Si l’autre n’existe pas, vous n’existez pas non plus » suggère aussi que sans les autres nous ne sommes rien et qu’Oscar va également sauver Antoine l’infirmier, qui n’a pas, lorsqu’il arrive en Algérie, trouvé de sens à sa vie. Brigitte Giraud affirme également que le titre de son livre Un loup pour l’homme, inspiré de la citation de Hobbes, suggère une interrogation présente dans tout le roman « qui est un loup pour l’homme ? ». A la question de savoir si son roman dénonce un « mensonge d’état », puisque les jeunes gens qui partaient en Algérie ne savaient pas qu’ils allaient faire la guerre, Brigitte Giraud a répondu que ces jeunes se sont bien souvent sentis manipulés et trahis.

Pour finir, nous avons fait la rencontre des auteurs du « documentaire graphique » L’homme au bras de mer, Simon Rochepeau et Thomas Azuélos. L’histoire racontée est celle, réelle, de Mohammed, un pirate somalien qui, après le détournement d’un voilier et la mort « accidentelle » du skipper lors de l’intervention de la Marine française, se retrouve en France pour y être jugé. Nous avons pu constater une grande complicité entre les deux auteurs. Thomas Azuélos, qui nous a expliqué son travail avec beaucoup de détails, nous est apparu totalement passionné. Il nous a indiqué qu’une de ses préoccupations principales lorsqu’il illustre un texte est de se demander l’effet que le dessin pourra avoir sur le lecteur, pour cela il porte une attention particulière au style du dessin et aux couleurs. Il nous a également parlé de Mohammed, un jeune homme né dans un pays extrêmement pauvre, et dont l’activité de pêche ne parvenait plus à nourrir la famille. Il nous a dit les immenses regrets du jeune homme d’avoir été à l’origine de cette histoire dramatique. Nous avons eu également des nouvelles de Mohammed qui après avoir payé sa dette aurait aimé rester en France mais qui n’en a pas obtenu le droit. Il va donc repartir dans son pays afin de retrouver sa famille et particulièrement sa maman.

A 13 heures nous avons pique-niqué sur le parvis de la Croisée des Arts, puis nous avons pu rencontrer individuellement chaque auteur pour la séance de dédicaces …et de selfies !

Timothé Le Boucher a eu un succès fou. Il a réalisé avec beaucoup de gentillesse les demandes de dédicaces ou de dessins, certains sur les coques de nos téléphones ou mieux encore sur des chaussures ! Frédéric Viguier nous a donné une autre image de lui-même. Il était beaucoup plus détendu et bavard que face au public, et il nous a révélé sa vision du personnage d’Yvan Gourlet ! Nous avons également pu discuter avec eux. Thomas Azuélos était toujours aussi volubile. Il a continué à parler de son travail avec passion. Mais vers 15 heures, il a fallu rentrer à la maison. Ce fut pour nous une journée très agréable et même exceptionnelle.

Nous remercions les auteurs pour leur présence et leurs réponses à nos questions.

Nous remercions également les organisateurs du Prix littéraire. Cette rencontre fera peut-être naître des vocations d’écrivains !